Omega Pharma

Interview Marc Coucke, CEO de la société Omega Pharma
Omega Pharma est sans aucun doute l’une des histoires de croissance les plus remarquables de Euronext Brussels. Après la publication du chiffre d’affaires de 2010 nous avons posé quelques ‘questions de croissance’ au CEO, Marc Coucke

Mi-2010, Omega Pharma a présenté sa nouvelle stratégie produit, basée sur 5 piliers. Y-a-t-il déjà un impact positif visible de cette 'Five Pillar Strategy'?
La stratégie des 5 piliers représente tant un approfondissement qu'un élargissement de notre approche stratégique antérieure de Star Brand. Cette nouvelle stratégie s’applique verticalement sur différentes fonctions, allant de l’innovation au marketing en passant par l’offre de nos produits. Grâce à cette stratégie nous optimalisons notre efficacité dans chacun de ces domaines avec un impact positif sur la marge brute. La stratégie comprend aussi une gamme de produits plus large. Aujourd’hui, 51% de notre chiffre d’affaires est réalisé avec des produits de l'un de ces cinq piliers. Chaque amélioration de l’efficacité ou chaque pourcent d’augmentation de la marge a donc un impact important sur le groupe. Cette dimension explique pourquoi l’implémentation de cette stratégie a déjà eu un impact considérable pour les deux derniers trimestres de 2010. Sur une base annuelle le chiffre d’affaires des produits des 5 piliers a augmenté de 7% comparé à 2009, tandis que la croissance organique du groupe était de +4,6%. Ce résultat nous conforte dans cette nouvelle approche. La ‘Five Pillar Strategy’ est la priorité numéro un pour 2011. Elle a le soutien tout entier de tous les collaborateurs clés dans les 35 pays dans lesquels nous sommes actifs. L’avenir est donc très prometteur.

En octobre 2007, la société autrichienne Bittner Pharma a été reprise par Omega Pharma à qui elle a offert une porte d’accès très importante à de nombreux pays en Europe de l’Est et Centrale; pays avec un potentiel de croissance substantiel. Ces pays ont été fort touchés par la crise financière de 2008. Peut-on aujourd’hui encore parler de pays de croissance?
L’entrée dans l’Europe de l’Est et Centrale était effectivement un choix stratégique. Depuis lors, Omega Pharma a réalisé de bons résultats dans cette région, mais il est clair que la crise a freiné notre croissance. Nos activités dans la région cadrent parfaitement dans notre stratégie. Nous continuons à croire en des perspectives futures du secteur OTC en Europe de l’Est et Centrale. Nos activités là-bas pourraient même, à terme, apporter leur lot de jolies surprises. N’oubliez pas que différentes sociétés qui attirent aujourd’hui l’attention des investisseurs de par leur présence dans des régions émergentes n’en étaient pas récompensées initialement. Mais aujourd'hui tout le monde est très enthousiaste pour cette vision à long terme. Parfois il faut oser regarder au-delà des premiers trimestres.

Et quid de pays comme la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne? Leurs gouvernements sont obligés de prendre des mesures d’austérité, est-ce que cela ne pourrait pas avoir un impact négatif sur la vente dans ces pays?
L’économie dans les pays PIGS souffre effectivement et Omega Pharma n’échappe pas à cette évolution. Mais cette situation est aussi difficile pour nos concurrents locaux et elle présente donc des opportunités d'augmentation de notre part de marché au détriment des joueurs plus faibles dans notre secteur. Je souligne également que les produits OTC sont par définition disponibles sans ordonnance médicale et aussi le plus souvent sans remboursement par la sécurité sociale. Si les gouvernements sont obligés d’économiser, le budget pour le remboursement des médicaments est souvent revu à la baisse. Un certain nombre de médicaments sur ordonnance peut devenir trop cher pour une partie des consommateurs. Ces consommateurs vont alors rechercher des produits OTC comme alternative. Cette situation peut donc aussi offrir des opportunités pour notre groupe dans ces pays.

En 2009, le groupe a annoncé, tambours battants, une joint venture importante en Inde. Où en est-on avec ce projet très prometteur et quelles sont les prévisions?
Cette joint venture est un diamant brut que nous sommes actuellement en train de polir pour le faire briller de manière optimale à l’avenir. Notre partenaire indien a déjà construit deux nouvelles unités pour la production locale de nos marques à un coût très favorable. En 2010, la production indienne était exclusivement destinée au marché indien. Les ventes sont encore limitées, mais nous venons justement de commencer, avec quelques produits seulement d’une gamme dans quelques villes et nous l'élargirons graduellement. Et nous parlons seulement ici de la première phase, la phase dans laquelle nos produits en Inde sont uniquement destinés au marché indien. Dans une deuxième phase, notre partenaire pourra aussi devenir responsable de la production de nos produits pour d’autres marchés. Cela pourrait devenir très intéressant. Mais nous ne devons rien précipiter. Nous voulons donc d'abord acquérir plus d’expérience en Inde et nous préparer sérieusement avant d’entamer cette deuxième phase. Mais vous en saurez davantage dans le futur.

Omega Pharma est une des seules sociétés du BEL 20 à donner des prévisions détaillées au marché. On constate que cette guidance fait régulièrement l'objet de controverses entre les analystes financiers. Ne serait-il pas mieux de ne plus en donner?
Certaines sociétés de grande taille ne donnent effectivement pas de prévisions, ni générales, ni détaillées, et cela est parfaitement accepté par le monde financier. ‘Mais pour Omega, c’est différent’, entend-on sans explication rationnelle. Nous avons appris à ne pas nous en faire. Nous préférons dépenser notre énergie à nos activités, parce que c'est cela qui compte. En plus, fournir une guidance au marché garde tout le monde alerte dans le groupe. Grâce à cet esprit combatif, Omega Pharma a plusieurs fois battu le consensus des analystes financiers. Nous avons donc communiqué, pour 2011, un objectif de chiffre d’affaires très clair: nous voulons au moins obtenir 927 millions d’euros et nous allons travailler dur pour y arriver.

En savoir plus:
www.omega-pharma.be

InSight Janvier 2011