Interview Onno van de Stolpe, CEO de Galapagos
Début octobre, Galapagos a remporté le European Biotechnica Award 2010. Ce prix est remis chaque année à la société européenne de biotechnologie la plus innovatrice en matière de produits, services ou idées de business développés. Outre son caractère innovant, Galapagos est une société performante. L'évolution de son cours de bourse en témoigne puisque cette année l’action Galapagos a déjà grimpé de plus de 40%. De bonnes raisons pour soumettre quelques questions à Onno van de Stolpe, CEO de la société.
Galapagos est une société de biotechnologie qui se distingue clairement des autres sociétés du secteur grâce à son modèle d’activité atypique. Pouvez-vous nous en dire plus?
Les sociétés de biotechnologie sont, pour la plupart, obligées de financer elles-mêmes leurs recherches. Dès le début, Galapagos a toujours eu un modèle d’activité hybride composé d'une division de services et d'une division de recherche. La division de services génère beaucoup de revenus provenant de la prestation de services pour des sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques, pour des institutions académiques, et pour des organisations de patients. Cette division offre son expertise sur base d’un tarif par heure et ne court donc pas de risques. La division de recherche génère beaucoup de revenus en cas de succès des partenaires pharmaceutiques. Ces sociétés pharmaceutiques ont des options sur ces programmes de développement et rétribuent Galapagos uniquement en cas de succès durant le processus de développement. Cette division présente donc beaucoup de risques, mais elle a le potentiel de générer 3,3 milliards d’euros en cas de succès, sans tenir compte des royalties sur les ventes effectuées par les partenaires pharmaceutiques. Depuis la première alliance datant de juin 2006, Galapagos a ainsi perçu plus de 120 millions d’euros.
Comment les investisseurs réagissent-ils à ce ‘modèle dual’ ? Ne préfèrent-ils pas investir dans une société de biotechnologie pure d’une part, et dans une société prestataire de services d’autre part?
La plupart des investisseurs sont attirés par les revenus générés par la division de services, certainement parce que ces flux de cash sont relativement faciles à prévoir. Les revenus potentiels très importants de la division de recherche sont très attrayants. Le fait que nous obtenions suffisamment de financement au moyen d’alliances avec de grands groupes pharmaceutiques est perçu par les investisseurs comme une bonne façon de réduire les risques liés à la recherche. Galapagos développe un grand nombre de programmes de recherche par domaine de maladie pour augmenter les chances d’obtenir un médicament approuvé dans chaque domaine. Beaucoup d'investisseurs trouvent la combinaison du profil de risque de ces deux divisions intéressante.
Quand espérez-vous avoir votre propre médicament disponible sur le marché? Avez- vous l’intention de le commercialiser vous-même?
Nous espérons que notre premier produit sur le marché sera le GLPG0259, un produit contre le rhumatisme dont nous avons démarré la phase II des tests cliniques. Après cette phase, Janssen Pharmaceutica pourra activer son option exclusive d’achat de notre produit (contre un paiement de 60 millions d’euros et un montant additionnel de 800 millions en cas de succès). Le produit ne sera pas introduit sur le marché avant 2014, mais lorsqu’il le sera, il aura effectivement le potentiel pour devenir un ‘blockbuster’ avec un chiffre d’affaires possible supérieur à un milliard d’euros.
Crucell et Movetis seront repris. Est-ce aussi le sort réservé à Galapagos?
Galapagos a l’ambition et les atouts nécessaires pour devenir la plus grande société de biotechnologie en Europe et cela reste un objectif important du management. Récemment, nous avons gagné le European Biotechnica Award 2010 pour notre impact sur l’industrie de la biotechnologie en Europe. En termes de chiffre d’affaires et de dépenses en matière de recherche nous figurons depuis quelques années dans le top 5 en Europe. Nous sommes donc sur la bonne voie pour réaliser notre objectif. Une reprise ne cadre pas dans cette stratégie et le management fera tout ce qu'il faut pour préserver notre indépendance (et pour rester coté sur NYSE Euronext).
En savoir plus :
www.glpg.com
InSight Octobre 2010