Histoire du Palais de la Bourse

Tout ce que vous aimeriez savoir… sur notre Palais de la Bourse!
Euronext Brussels est logée dans l’un des plus beaux palais de bourse du monde. Le bâtiment a de surcroît brillamment passé l’épreuve du temps. L’histoire de la Bourse de Bruxelles débute en effet en 1873.

C’est à l’architecte Léon Suys qu’échoit la mission de réaliser le Palais de la Bourse de la capitale. À l’époque, Léon Suys avait déjà montré toute l’étendue de son talent dans d’autres édifices prestigieux, notamment la station thermale de Spa. En construisant la nouvelle bourse au cœur même de la ville, les autorités municipales de Bruxelles entendaient redynamiser les activités économiques du centre. Ce projet s’inscrivait d’ailleurs dans un vaste programme de modernisation du noyau urbain qui visait notamment à prévenir les inondations par le recouvrement de la Senne. Les édiles de la capitale lancèrent également la construction d’une nouvelle artère centrale, reliant le Nord au Midi, à l’exemple de Paris. C’est l’actuel boulevard Anspach avec, dans son prolongement, le boulevard Émile Jacqmain et le boulevard Adolphe Max. Le Palais de la Bourse a vocation à devenir le cœur battant de Bruxelles. Il est construit sur les vestiges d’un couvent franciscain (des frères mineurs) remontant au XIIIe siècle. Aujourd’hui, on peut encore visiter les ruines de ce couvent dans le musée souterrain situé rue de la Bourse. 

Le bâtiment est érigé en style néo-palladien, à l’exemple du célèbre architecte de la Renaissance, Andrea Palladio. Ce style était très en vogue dans les bâtiments publics construits au XIXe siècle. Il se caractérise notamment par le recours à des éléments de l’architecture antique, comme les piliers corinthiens, la coupole, le fronton, l’apparence d’un temple, etc. On retrouve d’ailleurs cette inspiration sur le plan de la Bourse qui a la forme d’une croix latine. La majesté de l’édifice est encore rehaussée par une décoration somptueuse et des représentations allégoriques destinées à plaire à la bourgeoisie “des affaires” de l’époque. 

Le Palais de la Bourse attire également tous les regards par les deux lions monumentaux trônant des deux côtés de l’entrée de la galerie des piliers, comme s’ils étaient chargés de garder le majestueux escalier. Ces lions représentent la Nation – l’un avec la tête relevée, l’autre avec le dos courbé. Avec un peu d’imagination, on peut y voir la version belge des célèbres bears & bulls, le premier symbolisant la “hausse” et le second la “baisse” des marchés.

A l’entrée de la bourse, les quatre caryatides attirent d’emblée l’attention. Elles sont l’œuvre de Rodin, mais sont signées par Antoine Joseph Van Rasbourgh. Elles soutiennent la verrière et symbolisent la Protection, le Commerce, les Arts et la Victoire. Les deux putti par-dessus supportent le monde.

Au rez-de-chaussée du Palais de la Bourse actuel, on reconnaît les corbeilles et les anciens tableaux où l’on inscrivait jadis les cours à la craie. Les courtiers et les délégués des sociétés de bourse se réunissaient alors autour de ces corbeilles. Chaque jour était organisé un marché animé: les courtiers transmettaient leurs ordres de bourse à voix haute, d’où le terme de criée. Le commissaire de la bourse fixait le premier cours. Ensuite, un coteur se chargeait d’inscrire au tableau les cours successifs du titre négocié. En 1989, les autorités de la bourse ont mis fin à ce système pour s’inscrire dans le mouvement de modernisation des marchés financiers qui avait déjà touché les Bourses de Londres et de Paris. 

Bruxelles a choisi un système décentralisé permettant aux courtiers de transmettre leurs ordres de leur bureau par ordinateur. Ainsi, le 24 janvier 1989, la Bourse de Bruxelles lançait le Computer Assisted Traded System (CATS), le premier système électronique de négociation organisant la rencontre électronique des ordres d’achat et de vente. Dans un premier temps, seul le marché à terme était concerné. Pour quelques actions seulement: GIB, Solvay et Tractebel ont été les premiers titres à être négociés via ce système. Au fil des semaines, le CATS a progressivement intégré toutes les actions cotées sur le marché à terme. Quant au marché au comptant, ce n’est qu’en 1996 qu’il a été entièrement automatisé! Dès ce moment, la Bourse perdait son rôle de lieu de rencontre de l’ensemble des agents de change. Le “parquet” où des centaines d’agents de change, de délégués et de commissaires se réunissaient dans une ambiance survoltée appartenait désormais au passé. Aujourd’hui, l’animation y est heureusement toujours présente grâce aux nombreux événements qui y sont organisés.

InSight Janvier 2011